WARM UP à VINCENNES

ROULER EN PELOTON

Une exaltante découverte…

 

LA “PISTE” DE VINCENNES
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Dans le bois de Vincennes, jouxtant le carrefour de la pyramide situé entre le Parc Floral et le campus de l’INSEP, court « la piste », un grand triangle de ± 3,1 Km de côtés recouvert d’asphalte mais interdit à la circulation automobile. Sur ce parcours dédié, les cyclistes de la Région ont coutume de venir s’ébattre, débattre et sportivement combattre. Tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, les sportifs occasionnels comme invétérés y alignent les cycles et, selon leur niveau et les objectifs visés, ils y entretiennent leur santé ou se « mènent la bourre », s’agrègent en pelotons d’affinités ou de valeurs, promènent ou font la course, s’entraînent ou baguenaudent…

J’y suis allé, et voilà ce que j’ai vu !

LE PARCOURS
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Dans le PELOTON de VINCENNES

Durant les vacances de février, je suis allé m’entraîner sur la « piste de Vincennes » qui est, avec celle de Longchamp, l’un des hauts lieux du cyclisme en Ile-de-France. J’étais bien entendu ravi de changer d’horizons et, en outre, très content d’aller m’essayer sur un circuit sur lequel, à l’USM-Gagny, on ne va « tourner » qu’en Minimes. Il est vrai que ce spot est situé assez loin du Club et que, pour s’y rendre, il faut emprunter des artères très fréquentées… Mais qu’importe le trafic et la distance puisque avec mon père, nous y sommes allés en voiture !

Avec les hordes sauvages…

Avant même de m’y rendre, je m’étais renseigné sur Internet et je savais que des cyclistes de bon niveau venaient s’entraîner dans ces allées qui, dans le Bois de Vincennes, leur sont quasi exclusivement réservées. Enfiévré, j’avais également appris que – le dimanche matin notamment – des pelotons énormes peuvent s’agréger sur ces routes dédiées et je piaffais d’impatience à l’idée de me mêler à ces groupes qu’on affirmait pouvoir comporter jusqu’à 100 personnes !

Trafic fluide mais perturbé…

Las ! Pour effectuer mes premiers tours de piste sur ce circuit bien fréquenté mon père, rabat-joie, avait choisi un jour maussade qui n’incitait pas à la ballade, un horaire improbable et une période de vacances durant laquelle c’est plutôt dans les Alpes que les possesseurs de vélo hors de prix courent fabriquer les globules rouges dont ils auront besoin en compétition. Autant dire qu’il n’y avait pas la foule escomptée !

Une « circulaire » désavouée…

Mais il y avait du beau monde tout de même ! des maillots de toute l’Ile-de-France ou d’équipes prestigieuses ! des vélos qui font rêver ! des costauds qui filaient comme le vent ! Mais aussi des piétons ! et des enfants sur des trottinettes ! et pire encore, de jeunes écervelé(e)s aux allures de frimeurs roulant à contresens (m’en-fout-les-règles !)…

Il faut surveiller ses arrières…

C’était très fluide cependant et donc pas vraiment dangereux. Avec mon père, nous avons donc rejoint le circuit sur lequel nous avons entamé un échauffement plan-plan, en moulinant gentiment. Heureux comme un « espoir » qui vient d’être approché par une équipe professionnelle, je n’arrêtais pas de tout commenter et de tirer des plans sur la comète. Ce faisant, je ne prêtais sans doute pas assez d’attention à mon allure ou à mes trajectoires car mon père n’en finissait pas de me suggérer de rouler plus régulièrement, de serrer davantage à droite ou de surveiller ce qui venait de derrière…

Encore mal échauffé… mais déjà chaud-bouillant !

Il est vrai que ça roulait vite ! très vite ! Ça n’avait vraiment rien à voir avec un rythme école de cyclisme ! et pas même avec celui des « fend-la-bise » contre lesquels j’aime lutter (et généralement l’emporter) le long de la base de Vaires. Plusieurs groupes de deux ou trois cyclistes nous ont passés à vive allure. Ebouriffé par le courant d’air, admiratif de leur allure, je piaffais d’envie de prendre leurs roues, mais mon père voulait que nous fassions tout un tour à la même allure placide… Pour reconnaître le parcours ! disait-il, pour réfléchir à la façon dont il faudrait rouler en fonction de ses difficultés et des directions d’où venait le vent !

La poudre d’escampette…

Tu parles ! Nous n’étions pas arrivé au bout de l’interminable première ligne droite que je lui avais déjà faussé compagnie pour m’inviter dans un groupe d’adultes plus pressés que lui ! En sprintant comme un fou, je suis parvenu à m’arrimer au groupe qui ne faisait pas mine de m’attendre. J’étais maintenant sur mon plus gros développement – un 42/18 – mais il me fallait mouliner comme un malade pour parvenir à suivre le rythme imposé par les trois compères.

D’ambitieuses aspirations…

Nous filions comme des bolides et j’avais d’autant plus de mal à suivre le train qu’à leur suite, je gérais mal l’aspiration, un phénomène dont je n’avais pas encore pris toute la mesure malgré tous les combats engagés. Dans leur sillage, je n’en finissais donc pas de faire l’élastique, freinant quand j’aurais dû me contenter de pédaler moins fort, sprintant quand j’aurais pu en profiter pour me faire tirer.

AU RYTHME D’UN TROUPEAU LANCE AU GALOP

Je tape l’incrust. !

Je suis tout de même parvenu à m’accrocher et à mieux comprendre comment utiliser le phénomène à mon avantage. J’aurais presque fini par me la péter quand je me suis fait prendre au petit jeu des relais. Moi, Benjamin 2, j’aurais dû me contenter de rester à l’arrière du groupe afin de me protéger au maximum, mais j’ai voulu faire du zèle, ne pas abuser de l’hospitalité de mes hôtes, être poli en somme ! En fait, je crois plutôt que je n’ai rien vu venir ! Car le Scott qui réglait tout d’abord l’allure s’est fait relever par le MBK qui le suivait si bien que lorsque son propriétaire a réclamé du soutien, le Look devant moi est passé à l’avant. Et moi, j’étais toujours aussi content !

C’est dangereux la roulette ruse…

Car je suivais, et je suivais bien ! Tellement bien, même, que je regrettais de ne pas avoir de compteur sur ma monture de location pour mesurer ma performance. Nous étions en descente maintenant et je moulinais ! je moulinais ! Aussi vite que l’autorisait le groupe insolite monté sur mon Maggi ! aussi vite que le permettaient mes petits mollets de poulet écervelé ! Le gars qui roulait devant moi était en situation de leader. Il emmenait le groupe et moi, un rien faraud, j’étais juste dans son sillage ! Pas loin d’être un champion !

Dans le vent…

Nous n’avions pas encore bouclé un tour complet mais déjà, j’étais en situation de prendre un relais. Craignant de casser le rythme, heureux qu’on me fasse confiance, j’ai fini par prendre la direction du quatuor pour jouer ma partition. On m’encouragea, on me félicita si bien que je soutins cette folle allure sans doute plus longtemps que je n’aurais dû, si bien que lorsque je me décidai à passer la main, j’étais déjà trop marqué pour pouvoir me repositionner correctement en serre-file. Je ne me laissais plus glisser vers l’arrière, je coulais sans pouvoir rien maîtriser. Une demi-roue, une roue, deux roues, quatre roues, cinquante mètres… C’est allé très vite. Je planais et l’instant suivant, j’étais largué…

La désillusion est un apprentissage…

C’est en échouant qu’on apprend ! Je me suis arrêté pour reprendre souffle… et attendre mon vieux ! En sa compagnie, pépère, je me suis refait une santé. Si bien que lorsque mes copains nous ont mis un tour, j’étais à nouveau d’attaque pour leur filer le train. Et cette fois, j’ai tenu cinq tours en leur compagnie ! Ensemble, nous avons traqué d’autres bonnes roues et sommes même parvenus à rattraper des groupes pourtant pas flemmards ! Cela m’a donné l’occasion de découvrir de nouvelles choses sur le fonctionnement d’un peloton plus dense !

UN PELOTON, C’EST VIVANT

Nouvelles sensations…

Quand on se retrouve dans un gros peloton, on se sent d’emblée intimidée par la masse qui nous emporte mais dans laquelle, tout aussi bien, on se sent pris comme dans une nasse. Rouler à trois ou quatre – même à très vive allure – est une chose, faire partie d’un troupeau en train de charger, d’une meute effrénée en est une autre. Dans un trio, même grisé par un sentiment de liberté et de performance redoublée, on reste soi-même. On a affaire à d’autres individualités et l’on a l’impression de maîtriser la situation. On doit faire très attention, mais il n’y a pas de tension car on a la certitude, en cas de danger, de pouvoir se ménager des portes de sortie, de pouvoir s’esquiver sur les côtés… On peut se transcender sans trembler.

Tous mes sens en alerte…

Dans un peloton, on se trouve mêlé à quelque chose d’autre, de plus formidable et de plus dangereux. On est intégré à quelque chose qui nous dépasse et nous transporte. Les cyclistes s’agglutinent et forment un peloton au sein duquel les vélos et les corps se rapprochent tandis que la pression augmente. On se retrouve aspiré, poussé, entraîné… Il faut redoubler de vigilance car ça va vite et que les positions se négocient sans fin… Un peloton, c’est vivant !

Se faufiler comme une anguille

Au départ, j’ai bien sûr été intimidé par le rythme et par la foule. Nerveux, je me suis laissé doubler ou repousser vers la bordure. Je me suis laissé impressionner par les costauds qui n’ont pas de pitié pour les jeunots mais, petit à petit, la confiance est venue. Sans perdre mes poissons pilotes de vue, je me suis battu pour revenir et rester dans leurs roues. Je me suis habitué à rouler plus près du trottoir, à me faufiler où il n’y avait guère de place, à profiter d’une hésitation ou d’un ralentissement. J’ai viré avec le paquet, j’ai grignoté des positions et je me suis échappé avec mes complices…

Ce jour-là, j’ai vraiment appris plein de choses !

Thomas & Eric VALADIER

 

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