YANNICK TALABARDON en visite à l’USM GAGNY 16 janvier
CHEZ LES AVORTONS
Les dirigeants du Club nous avaient pourtant annoncé sa visite – sans date assurée cependant – mais le mercredi 9 janvier 2008, il nous a tout de même surpris en débarquant chez nous, à l’USM Gagny !
Qui donc ?
Le cycliste professionnel !
Le coureur du Crédit Agricole !
Yannick Talabardon !
Ficelle et souriant, la mine fraîche, presque enfantine, il est arrivé en « tenue de ville ». Cordialement, il a salué tout le monde, a serré les mains qui se tendaient, comme s’il nous connaissait depuis toujours, comme s’il était un membre du Club, comme s’il avait pour habitude de venir s’entraîner ici, avec ses copains. Et c’était presque vrai. Yannick était effectivement membre du Club et même, un membre éminent de la grande fraternité des cyclistes.
Lui était à l’aise, avenant, charismatique… mais pas nous ! Coincés, mal à l’aise, nous étions bouleversés d’être ainsi mis en présence de notre rêve inavoué, de notre espoir de réussite. Flattés, intimidés, nous ne savions comment l’aborder, que faire ni que lui dire. Troublés par sa présence ENORME, nous n’osions même pas le regarder vraiment. Pour ne pas le gêner ! Pour ne pas l’assaillir !
Comprenant que nous avions besoin de temps pour apprivoiser l’impact de sa présence, le poids de sa notoriété, il a retiré son Jean et son pull sous lesquels il portait ses vêtements de travail. Sa belle tenue de cycliste toute verte ! Il était comme nous finalement. Seulement aussi vert que nous sommes jaunes…
A partir de ce moment-là toutefois, nous avons commencé à être plus à l’aise…
Le géant vert chez les petits hommes en jaune
Tous, nous avons été frappés par l’étonnante similitude des gabarits de ces deux sympathiques jeunes gens… Entre Kevin (il fait ses premières armes dans l’équipe AUBER93 tout en veillant sur nous le mercredi) et Yannick (le grimpeur de l’équipe CREDIT AGRICOLE), il y avait comme un air de famille… 1,90 m pour quelque 67 kg, c’est la dose pour avoir le droit de s’asseoir sur cette table !
Assis sur son outil de travail, un LAPIERRE d’exception doté, notamment, d’un plateau, de manivelles et de pédales automatiques étonnants, Yannick s’est entretenu avec le père d’Ingrid, notre brillante cadette. Ils ne se connaissaient pas mais ils avaient pourtant une foule de choses à se dire.
Après la séance de travail, Aurélien aura tout a fait « apprivoisé » l’émotion qu’il pouvait ressentir face à Yannick. A « tu et à toi » avec le champion, il redeviendra lui-même, enjôleur et facétieux. Ce précoce expert en communication, repartira avec une impressionnante pile de photos dédicacées. Nul doute qu’aucun(e) de ses ami(e)s n’ignora qu’il est en très bons termes avec une vedette du prochain Tour de France.

Après un début de séance nerveux et perturbé, dérogeant aux habitudes, c’est à l’extérieur du Club que Gérard, notre entraîneur, nous indiquera les objectifs de la séance et son déroulement approximatif. Gérard est toujours comme ça, précis et méthodique. Il ne nous apprend pas qu’à pédaler. Il nous apprend aussi à nous organiser, à réfléchir et à développer un bon état d’esprit.

Comprenant que nous sommes plus excités qu’à l’ordinaire, il va insister encore plus que d’habitude sur les règles de sécurité à respecter sur le trajet jusqu’au Mail du Chenay, notre « terrain » d’entraînement habituel lorsque nous faisons de la « route ». A ce propos, toutes les écoles de cyclisme sont-elles comme nous ? Doivent-elles aller s’entraîner dans la rue ?

Grâce à notre président, qui a osé lui demander de visiter les enfants s’entrainant à l’Ecole de Cyclisme, grâce à la gentillesse de Yannick et à cet extraordinaire esprit de convivialité qui règne dans le milieu du cyclisme, Yannick était là et il allait participer à notre entraînement ! En tentant de prendre sa roue, nous avons pu voir à quelle allure un champion pouvait s’extraire d’un peloton…

D’abord en retrait – normal, il n’a ni notre expérience, ni notre âge – Yannick s’est cependant très vite intégré à notre groupe auquel il a insufflé sa bonne humeur et un sursaut de volonté. Lorsque nous entendions la mélodie si particulière de sa chaîne tournant sur les pignons, ou le sifflement de ses boyaux sur le goudron, nous nous sentions soudain dotés d’une énergie exceptionnelle.

C’est dans des instants comme celui-ci que nous mesurons la chance que nous avons de pratiquer un sport que nous aimons, encadrés par des gens que nous apprécions ! Tout le monde n’a pas la possibilité de bénéficier d’un environnement si propice et motivant. Merci à la mairie de Gagny qui fournit des moyens à l’association. Merci à l’USM Gagny qui fait l’effort de plus en plus rare d’entretenir une Ecole de Cyclisme (de qualité) en son sein. Alors, Yannick, c’était la cerise sur le gâteau !
C’est évidemment avec un intérêt tout particulier que Kevin a savouré la visite d’un coureur du CREDIT AGRICOLE parmi nous. Ce « garçon » qui se dévoue avec tant de gentillesse pour seconder Gérard, lui qui se donne sans compter pour nous encadrer plus efficacement et en toute sécurité avait évidemment mille questions à poser à Yannick Talabardon qui, avant lui, avait opéré cette mue toujours incertaine qui vous fait passer du statut d’amateur à celui de professionnel. Comme Kevin qui s’entraîne désormais avec elle, Yannick est passé par AUBER.
Mais trêve de bavardages, la cloche a retenti. L’entraînement va pouvoir commencer…
La souris verte se faufile partout !
Notre petit groupe s’est élancé sur la route, je devrais plutôt dire : dans les rues de Gagny. Sans nous hâter, nous avons rejoint le mail du Chesnay et ses longues lignes droites seulement perturbées par des ronds-points et des rues transversales heureusement pas très « passantes ». Là, Gérard a installé les ateliers et nous avons commencé à faire les exercices qu’il nous avait décrits. Je me suis régalé comme jamais ! Dans le peloton, j’ai observé de quelle manière Yannick se faufilait entre nous. Un virtuose ! J’attendais qu’on m’ouvre une porte… Grâce à lui j’ai compris qu’il fallait se glisser dans la moindre faille de la structure compacte qui vous empêchait de progresser. Il fallait voir le peu d’espace qui lui était nécessaire pour réussir à passer !
Gagny tente de contrer le Crédit Agricole qui s’échappe…
Durant cet entraînement, je me suis formidablement bien comporté. J’ai remporté tous les sprints que nous avons disputés et survécu à toutes les épreuves d’élimination. Moi qui, le week-end, me trouve toujours relégué dans les tréfonds des classements (mon VTT n’est pas très propice aux exploits), j’explose littéralement chaque fois que nous faisons de la route. J’étais bien, certes, mais lorsque Yannick décidait de prendre du champ, il ne lui fallait cependant pas longtemps pour parvenir à me décramponner… Enfin, pendant quelques secondes, j’avais la joie de prendre la roue d’un champion. Ce n’est pas donné à tout le monde ! D’autres copains du Club ont pu, eux aussi, vivre cette expérience exaltante et se prendre, durant un très court laps de temps, pour des héros du Tour.
Pas de progrès sans application. Pas d’exploits sans travail.
Revenus au Club, un peu décomplexés, nous avons posé toutes les questions que nous avons voulu à Yannick Talabardon. En nous décrivant son parcours, le champion nous a révélé celui qu’il était avant de revêtir la mythique panoplie des forçats de la route. Cela nous a permis de découvrir qu’il avait été un enfant comme nous et que, comme nous – à l’exception de Théo -, il avait ramé longtemps avant de commencer à s’imposer parmi les meilleurs. Il lui a fallu quatre ans pour décrocher ses premières victoires. Et il s’était classé sixième aux Championnats de France, lorsqu’une grosse équipe a fini par le remarquer et solliciter son talent.
En nous expliquant de quelle manière il s’entraînait, la perspective de parcourir 170, 200 ou 250 km pendant plusieurs jours nous a soudain paru moins hors de portée. Pour y parvenir, il ne faut, après tout, que s’entraîner avec sérieux et régularité. Tous les hivers, durant deux mois et demi, yannick réalise un gros volume de travail qui n’est, finalement, pas si monstrueux qu’il en a l’air. Pour asseoir sa saison sur des fondations saines, le champion parcourt de 5000 à 6000 km en cultivant sa vélocité et toutes les qualités qui font de lui un grimpeur apprécié. Lorsque les courses commencent – il va l’entamer en disputant La Marseillaise puis en enchaînant avec l’Etoile de Bessèges, le Tour de Californie et Paris-Nice – les pros n’ont plus vraiment le temps de parfaire leur condition. Ils sont en compétition trop souvent !
Ces petits détails qui font toute la différence…
Comme Gérard, Yannick nous a bien insisté sur le fait qu’il était plus avantageux de bien rouler que de trop rouler. Pour cultiver sa vélocité et pour être ensuite capable – en course – de bien « enrouler » les distances, tout en ne se fatiguant pas trop pour être en mesure de « mettre gros » dans le finale ou « emmener » ses leaders dans les bosses, il nous a redit qu’il était plus intéressant de beaucoup mouliner que de faire trop de kilomètres. Sur un vélo réglé au millimètre par son mécano, Yannick a d’ailleurs fait installer un pédalier, des manivelles et des pédales destinées à le contraindre à ce type d’effort. Comme Gérard, il nous a expliqué combien il était important de s’alimenter et de boire, peu, mais fréquemment, afin que notre organisme profite au mieux des bienfaits de l’entraînement. Aux impatients qui voulaient brûler les étapes, le champion a également rappelé que la musculation n’était envisageable qu’à partir de 17 ans, et encore, à condition d’être entouré de moniteurs compétents et de ne pas porter de trop lourdes charges. En bref, il nous a encouragés à progresser patiemment, avec sérieux et acharnement.
Comme un frère, il s’est mis à notre portée pour nous faire profiter de son expérience inestimable et nous permettre de découvrir ce métier qu’il adore et qui nous fait rêver…
Pour le temps qu’il a bien voulu passer en notre compagnie ; pour les explications qu’il nous a fournies et les conseils qu’il nous a donnés, merci à Yannick Talabardon !
Pour avoir su faire venir le champion dans nos locaux et avoir ainsi permis qu’il rencontre les membres de l’Ecole de Cyclisme et renforce ainsi leur « vocation », merci au président de notre association, Marc Valta. Pour avoir gentiment accepté qu’un grand professionnel lui vole momentanément la vedette en se joignant à notre sortie, merci à Gérard, notre entraîneur, que nous apprécions tout autant pour ses grandes qualités humaines que pour sa grande compétence sportive.
Thomas et Eric Valadier
POUR ALLER PLUS LOIN…
Pour poursuivre cette séance de rêve, je vous invite à quitter momentanément mon blog pour aller découvrir d’autres photos de cette sortie mémorable en activant l’url suivant : http://eric.nicolas93.free.fr/photos%202008.html, une page que nous devons à l’active implication de la famille de Marie et Théo dans la vie du Club.
Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les Ecoles de vélo, les catégories de course, le vocabulaire du cyclisme… :
http://autourduveloapprentissages.unblog.fr/
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Pour en savoir plus sur le Team CREDIT AGRICOLE et l’actualité de Yannick TALABARDON, visitez le site de yannick ou celui de son sponsor :
http://yannicktalabardon.free.fr
http://www.au-veloclubdeparis.fr/
http://www.credit-agricole.com/groupe-credit-agricole/
partenariats-18/sponsoring-148/cyclisme-150/index.html
Pour en savoir plus sur le vélo LOOK auquel Yannick veille de manière jalouse, visitez le site du fabricant qui équipe son groupe :
http://www.lookcycle.com/
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